Ce matin, deux gouttes de sang dans les pertes ont fait fondre en larme ma louloute... tout de suite je l'ai rassuré, dédramatisé la situation en lui assurant que ce n'était rien... et au fond de moi je me posais la question.

Quelques minutes après, son "instinct" lui confirmait que ce n'était rien et on a décompréssé tout les deux. Tout les deux... c'est là que je me suis aperçu que le p'tit bout n'était plus si virtuel que ça. Comme à chaque fois que la santé rentre en ligne de compte, je me suis d'abord inquiété pour elle et puis ensuite pour le p'tit bout.

Cette fois, je m'en suis fait pour lui. Louloute a verbalisé qu'elle l'aimait déjà tout plein, qu'elle ne voulait pas le perdre, qu'elle le voulait tout plein... et moi je me suis rendu compte qu'a force de lui parler pour lui dire des bêtises, du genre : "faudra y aller mollo avec les nénés de maman", j'étais rentré en contact, sans même m'en apercevoir avec cette minuscule chose qui est déjà notre enfant.

Du coup, je crois que je comprends mieux les réactions de femmes qui perdent un enfant après deux ou trois mois de grossesse et qui s'en souviennent toute leur vie. Ca me paraissait un peu démesuré comme chagrin... voire morbide... mais en fait à ce moment là, il y a déjà un attachement fort de la maman au bébé...

Du coup, c'est peut être bête, mais j'ai un peu l'impression d'être déjà un papa aussi...